Deux parcours, une même violence

Les associations du Réseau Permis de Construire accompagnent des personnes placées sous main de justice dans leurs démarches de reconstruction, d’insertion et d’accès aux droits.
Partout, nous défendons une même conviction : le temps, l’accompagnement et la considération permettent des parcours plus stables et plus justes.
Mais partout aussi, nous constatons les mêmes logiques : des décisions administratives qui balaient les parcours, les efforts et parfois mettent des personnes en danger.

Au sein d’une des associations Permis de Construire, deux situations récentes illustrent cruellement cette réalité.

🧍🏾‍♂️ Douglas, 44 ans

Arrivé en France il y a 25 ans, Douglas a été accompagné pendant près de trois ans par Permis de Construire.
En janvier, il a été expulsé vers Haïti, malgré les démarches engagées et une requête déposée devant la Cour européenne des droits de l’Homme.
Aujourd’hui, il se retrouve dans un pays qu’il ne reconnaît plus : sans argent, sans papiers, sans toit, sans entourage.
Il nous parle d’enfer, dans un pays ravagé par la violence, la pauvreté extrême et l’insécurité.

🧍🏾‍♂️ Ahmed, 28 ans

Arrivé en France en 2017, Ahmed était accompagné par Permis de Construire depuis septembre 2025.
Il avait fait le choix de préparer sa sortie de détention avec sérieux : accompagnement associatif, avocate, logement identifié, projet construit.
Le jour même de sa libération, la Police aux Frontières l’attendait.
Il a été conduit directement en centre de rétention.
Il n’a pas fait un pas libre.

Ces situations font écho au plaidoyer porté par le Réseau Permis de Construire pour une société plus juste et inclusive. Elles montrent combien les efforts de réinsertion — le temps, l’accompagnement, la responsabilisation, les projets construits — peuvent être anéantis du jour au lendemain par des décisions administratives qui ne tiennent pas compte des parcours engagés. Défendre une réinsertion juste, c’est refuser que tout s’arrête brutalement alors que des personnes font le choix de se reconstruire et que des professionnels les accompagnent. C’est cette cohérence entre accompagnement, justice et politiques publiques que nous continuons de porter collectivement.

Les associations du Réseau Permis de Construire continueront à accompagner, à témoigner et à refuser le silence.
Parce que derrière chaque procédure, il y a une vie.